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Mercredi 18 Mars 2015
Mon billet pour De Standaard

paraissant demain jeudi, en néerlandais dans de Standaard.De Standaard Mars 15

« Tout finit par des chansons » Beaumarchais dans « les Noces de Figaro »

Alors comme ça vous avez une fête nationale du chant flamand - ou est-ce une fête flamande du chant national - ou une fête du chant nationaliste flamand ? On ne sait pas très bien comment traduire ça en rendant bien l'esprit de l'évènement ! Et depuis 1933 ! Moi, Wallon, je n'en avais jamais entendu parler. Pourtant ça doit être important si le président de la chambre et le ministre de l'intérieur vont y jouer a Bianca Castafiore et si ça se passe là où vient chanter Madonna !

Une fois encore nous sommes si proches et si différents ! Des grands boy-scouts adultes en courte culotte faisant tournoyer, bien ensemble, d'immenses drapeaux du moyen-âge, ce n'est pas un spectacle dont on a l'habitude en Wallonie. J'admets que trois cents types habillés tout en blanc avec des capuchons pointus et des longs nez rouges qui agitent des vessies de porc gonflées dans les rues de Stavelot dimanche dernier, ça peut surprendre aussi. Mais il s'agit là du carnaval. Avec quoi comparer, chez nous, la fête du chant flamand, nationale ou pas, nationaliste ou plus ou moins ?

Nous avons un festival de la chanson wallonne paraît-il. En langue wallonne donc, mais tellement confidentiel que pas un homme politique connu n'ira y boire une bière trappiste. Dans les années 70 ou 80, on a connu une petite vogue de chanteurs s'affichant comme wallons espérant, comme les chanteurs québécois, connaître le succès avec ce retour aux racines, cette affirmation de la culture régionale. Vous connaissez peut-être, survivant de ces troubadours, Julos Beaucarne parce qu'il chanta aux obsèques du roi Baudouin pour faire la parité avec Will Tura.

Nous avons depuis longtemps des concours de chansons françaises. Rappelons que c'est à Knokke en 1953 que Jacques Brel participa à un concours dont il finit ... 27ème sur 28 !
Depuis les années 60 c'est à Spa qu'avait lieu le « festival de la chanson française » ou se produisaient des chanteurs et chanteuses venus de France, de Suisse et du Canada et qui lança quelques demi-vedettes. Depuis 1994, les « Francofolies » ont remplacé ça et ce n'est plus un concours mais un festival où viennent les plus grands noms de la chanson française. Française ? Française ? On n'y est pas très sévère sur le principe puisque j'y ai applaudi Hooverphonic, Daan, Ozark Henry et Selah Sue !

Mais pas de trace de grands évènements où l'on chante en choeur « Le Chant des Wallons » qui commence par « Nos estans firs di nosse pitite patreye, Ca lådje et lon, on djåze di ses efants ... » Qui veut dire « Nous sommes fiers de notre petite ( on est réaliste !) patrie, car de tous côtés ( on ne précise pas où !) on parle de ses enfants ». Ca continue par des vers qui disent qu'on est au premier rang pour l'industrie ( ça date !) et que si notre terre est petite on y a néanmoins la richesse ( je ne sais pas où elle est passée !). Il n'y a plus que de vieux colombophiles qui chantent ça en rentrant saouls à la maison. Les fêtards namurois préfèrent « Li Bia bouquet » ( le beau bouquet) et à Liège on a le « Valeureux liégeois » qui date de 1790 mais que même les supporters du Standard ne connaissent pas préférant dessiner Defour décapité ! Notez que les quelques notes que vous pouvez entendre toutes les heures jouées par les cloches de la cathédrale de Liège sont celles du début de ce chant-là.

Pour conclure, je vous conseille un beau film français « La famille Bélier » où une adolescente se découvre un talent inouï pour le chant alors qu'elle est la seule de sa famille à ne pas être sourde et muette. J'en ai pleuré quand elle prend son autonomie et quitte sa famille ... en chantant ! Non, je n'en ferai pas une métaphore de la Flandre.

PK

  


Mercredi 18 Mars 2015
Mon billet pour De Standaard

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« Tout finit par des chansons » Beaumarchais dans « les Noces de Figaro »

Alors comme ça vous avez une fête nationale du chant flamand - ou est-ce une fête flamande du chant national - ou une fête du chant nationaliste flamand ? On ne sait pas très bien comment traduire ça en rendant bien l'esprit de l'évènement ! Et depuis 1933 ! Moi, Wallon, je n'en avais jamais entendu parler. Pourtant ça doit être important si le président de la chambre et le ministre de l'intérieur vont y jouer a Bianca Castafiore et si ça se passe là où vient chanter Madonna !

Une fois encore nous sommes si proches et si différents ! Des grands boy-scouts adultes en courte culotte faisant tournoyer, bien ensemble, d'immenses drapeaux du moyen-âge, ce n'est pas un spectacle dont on a l'habitude en Wallonie. J'admets que trois cents types habillés tout en blanc avec des capuchons pointus et des longs nez rouges qui agitent des vessies de porc gonflées dans les rues de Stavelot dimanche dernier, ça peut surprendre aussi. Mais il s'agit là du carnaval. Avec quoi comparer, chez nous, la fête du chant flamand, nationale ou pas, nationaliste ou plus ou moins ?

Nous avons un festival de la chanson wallonne paraît-il. En langue wallonne donc, mais tellement confidentiel que pas un homme politique connu n'ira y boire une bière trappiste. Dans les années 70 ou 80, on a connu une petite vogue de chanteurs s'affichant comme wallons espérant, comme les chanteurs québécois, connaître le succès avec ce retour aux racines, cette affirmation de la culture régionale. Vous connaissez peut-être, survivant de ces troubadours, Julos Beaucarne parce qu'il chanta aux obsèques du roi Baudouin pour faire la parité avec Will Tura.

Nous avons depuis longtemps des concours de chansons françaises. Rappelons que c'est à Knokke en 1953 que Jacques Brel participa à un concours dont il finit ... 27ème sur 28 !
Depuis les années 60 c'est à Spa qu'avait lieu le « festival de la chanson française » ou se produisaient des chanteurs et chanteuses venus de France, de Suisse et du Canada et qui lança quelques demi-vedettes. Depuis 1994, les « Francofolies » ont remplacé ça et ce n'est plus un concours mais un festival où viennent les plus grands noms de la chanson française. Française ? Française ? On n'y est pas très sévère sur le principe puisque j'y ai applaudi Hooverphonic, Daan, Ozark Henry et Selah Sue !

Mais pas de trace de grands évènements où l'on chante en choeur « Le Chant des Wallons » qui commence par « Nos estans firs di nosse pitite patreye, Ca lådje et lon, on djåze di ses efants ... » Qui veut dire « Nous sommes fiers de notre petite ( on est réaliste !) patrie, car de tous côtés ( on ne précise pas où !) on parle de ses enfants ». Ca continue par des vers qui disent qu'on est au premier rang pour l'industrie ( ça date !) et que si notre terre est petite on y a néanmoins la richesse ( je ne sais pas où elle est passée !). Il n'y a plus que de vieux colombophiles qui chantent ça en rentrant saouls à la maison. Les fêtards namurois préfèrent « Li Bia bouquet » ( le beau bouquet) et à Liège on a le « Valeureux liégeois » qui date de 1790 mais que même les supporters du Standard ne connaissent pas préférant dessiner Defour décapité ! Notez que les quelques notes que vous pouvez entendre toutes les heures jouées par les cloches de la cathédrale de Liège sont celles du début de ce chant-là.

Pour conclure, je vous conseille un beau film français « La famille Bélier » où une adolescente se découvre un talent inouï pour le chant alors qu'elle est la seule de sa famille à ne pas être sourde et muette. J'en ai pleuré quand elle prend son autonomie et quitte sa famille ... en chantant ! Non, je n'en ferai pas une métaphore de la Flandre.

PK

  


Mercredi 18 Mars 2015
Mon billet pour De Standaard

paraissant demain jeudi, en néerlandais dans de Standaard.De Standaard Mars 15

« Tout finit par des chansons » Beaumarchais dans « les Noces de Figaro »

Alors comme ça vous avez une fête nationale du chant flamand - ou est-ce une fête flamande du chant national - ou une fête du chant nationaliste flamand ? On ne sait pas très bien comment traduire ça en rendant bien l'esprit de l'évènement ! Et depuis 1933 ! Moi, Wallon, je n'en avais jamais entendu parler. Pourtant ça doit être important si le président de la chambre et le ministre de l'intérieur vont y jouer a Bianca Castafiore et si ça se passe là où vient chanter Madonna !

Une fois encore nous sommes si proches et si différents ! Des grands boy-scouts adultes en courte culotte faisant tournoyer, bien ensemble, d'immenses drapeaux du moyen-âge, ce n'est pas un spectacle dont on a l'habitude en Wallonie. J'admets que trois cents types habillés tout en blanc avec des capuchons pointus et des longs nez rouges qui agitent des vessies de porc gonflées dans les rues de Stavelot dimanche dernier, ça peut surprendre aussi. Mais il s'agit là du carnaval. Avec quoi comparer, chez nous, la fête du chant flamand, nationale ou pas, nationaliste ou plus ou moins ?

Nous avons un festival de la chanson wallonne paraît-il. En langue wallonne donc, mais tellement confidentiel que pas un homme politique connu n'ira y boire une bière trappiste. Dans les années 70 ou 80, on a connu une petite vogue de chanteurs s'affichant comme wallons espérant, comme les chanteurs québécois, connaître le succès avec ce retour aux racines, cette affirmation de la culture régionale. Vous connaissez peut-être, survivant de ces troubadours, Julos Beaucarne parce qu'il chanta aux obsèques du roi Baudouin pour faire la parité avec Will Tura.

Nous avons depuis longtemps des concours de chansons françaises. Rappelons que c'est à Knokke en 1953 que Jacques Brel participa à un concours dont il finit ... 27ème sur 28 !
Depuis les années 60 c'est à Spa qu'avait lieu le « festival de la chanson française » ou se produisaient des chanteurs et chanteuses venus de France, de Suisse et du Canada et qui lança quelques demi-vedettes. Depuis 1994, les « Francofolies » ont remplacé ça et ce n'est plus un concours mais un festival où viennent les plus grands noms de la chanson française. Française ? Française ? On n'y est pas très sévère sur le principe puisque j'y ai applaudi Hooverphonic, Daan, Ozark Henry et Selah Sue !

Mais pas de trace de grands évènements où l'on chante en choeur « Le Chant des Wallons » qui commence par « Nos estans firs di nosse pitite patreye, Ca lådje et lon, on djåze di ses efants ... » Qui veut dire « Nous sommes fiers de notre petite ( on est réaliste !) patrie, car de tous côtés ( on ne précise pas où !) on parle de ses enfants ». Ca continue par des vers qui disent qu'on est au premier rang pour l'industrie ( ça date !) et que si notre terre est petite on y a néanmoins la richesse ( je ne sais pas où elle est passée !). Il n'y a plus que de vieux colombophiles qui chantent ça en rentrant saouls à la maison. Les fêtards namurois préfèrent « Li Bia bouquet » ( le beau bouquet) et à Liège on a le « Valeureux liégeois » qui date de 1790 mais que même les supporters du Standard ne connaissent pas préférant dessiner Defour décapité ! Notez que les quelques notes que vous pouvez entendre toutes les heures jouées par les cloches de la cathédrale de Liège sont celles du début de ce chant-là.

Pour conclure, je vous conseille un beau film français « La famille Bélier » où une adolescente se découvre un talent inouï pour le chant alors qu'elle est la seule de sa famille à ne pas être sourde et muette. J'en ai pleuré quand elle prend son autonomie et quitte sa famille ... en chantant ! Non, je n'en ferai pas une métaphore de la Flandre.

PK

  


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