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Vendredi 13 Juin 2014
Mon billet mensuel pour De Standaard (ici en français !)

DE STANDAARD mei 14

DEUX LIVRES

Christophe Deborsu m'a fait lire son dernier livre « Dag, bonjour ! ». Il est publié en néerlandais, je n'ai donc pas tout compris mais au chapitre 2, une chose m'a renversé. Ce sont des chiffres et ça je les comprends dans toutes les langues ! En 2012, il y a eu en Belgique 152 mariages sur 42.198 qui unissaient un ou une flamand(e) à un ou une francophone soit ... 0,36 % ! Ils étaient 2 % en 1970 quand la Belgique n'était pas encore un état fédéral, six fois plus.
Ils sont bien plus rares que les mariages de Belges avec des Français ( presque 10 fois moins ! ) ou de Belges avec des Néerlandais. Et surtout, ils ne cessent de diminuer. Ils étaient 4 fois plus en 1980 (1,29 % des mariages ). Et presque deux fois plus en 2000 ( 0,65 %)
Bien sûr, la langue semble tout expliquer. Il faut s'être déjà dit beaucoup de choses avant de s'unir, théoriquement, pour la vie. Mais pourquoi, cette diminution constante ?

Traditionnellement, on épouse la fille ou le fils du voisin. Nous ne sommes donc, Flamands, Wallons, même plus des voisins. Mais que s'est-il passé ?

Mon fils aîné a toujours eu des fourmis dans les jambes. Pendant ses études à Liège, il a fait une année d'Erasmus ( programme d'échange d'étudiants) à Lisbonne, en portugais. Et puis une autre à Anvers, en néerlandais. Mon fils ne me raconte pas sa vie sexuelle mais il n'a pas fait qu'étudier à Anvers et c'est même pour ça que les jeunes aiment tant ces années loin des parents. Il a eu des aventures ... mais aucune avec une Flamande. Puis, il est parti étudier à New York. Il est maintenant à Berkeley et sa petite amie est... Chilienne. Est-ce parce qu'avec elle personne ne se reproche de mal parler la langue de l'autre ? Parce qu'aucun des deux n'a entendu dire mille fois du mal du peuple de l'autre ? Parce que les parents ne se disputeront jamais à table à propos d'un arrondissement électoral ou d'ours rares prêtés par la Chine ?
Sans doute, mais demeurera l'éternelle question : qui a mené qui pour en arriver à ce que Roméo et Juliette soient aussi atypiques à Bruxelles que dans Shakespeare ? Les politiques ont-ils séparé les gens ou les gens ont-ils poussé les politiques ? En tout cas, ils ont toujours été élus.

Dernièrement, j'ai aussi lu le dernier livre de David Van Reybrouck, «Contre les élections ». La version française est publiée chez Actes Sud et j'ai donc tout compris ! Van Reybrouck y fait un plaidoyer brillant pour le tirage au sort. Le tirage au sort à la place des élections. Il démontre qu'élection n'est pas synonyme de démocratie. C'est un mode de délégation du pouvoir qui a le mérite de remplacer une aristocratie imposée par une aristocratie plus ou moins choisie mais, l'Etat, même s'il est géré POUR le peuple, ne l'est pas PAR le peuple. Pour être élus, les politiques sont tenus de résonner comme des commerçants. Il est plus sûr de pousser les gens à vouloir quelque chose qu'on peut leur donner que de leur demander vraiment ce qu'ils voudraient et leur expliquer éventuellement que c'est impossible.

Déjà, moi, je m'en fiche un peu que ce pays se sépare un jour mais, à voir combien de jeunes fondent des foyers bilingues, il n'y en plus beaucoup qui pleureront.
Cependant, je me demanderai toujours qui l'a vraiment voulu.

Et si on tirait au sort des Flamandes et des Wallons pour les marier ?

PK

  


Mardi 03 Juin 2014
Un des dessins du débat sur ARTE le 27 mai

  




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