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Vendredi 26 Avril 2013
Expos...

Toujours l"Le Roi et son Bouffon" mes caricatures d'Albert ( et la famille) à l'Espace Wallonie rue Marché aux Herbes à Bruxelles ... mais tout autre chose : une exposition sur Martine, à Liège ( c'est un ajout à l'expo Golden Sixties dans la gare des Guillemins ), les fabuleux dessins originaux, les esquisses, etc.. de cet immense dessinateur qu'était Marcel Mariler

  


Lundi 22 Avril 2013
Une belle critique de mon expo ( je rougis )

Le Roi et son bouffon,
les caricatures d'Albert II selon Pierre Kroll

Espace Wallonie, rue du Marché aux Herbes 25 -27, 1000 Bruxelles
Du 13 avril au 13 juin 2013
Du lundi au vendredi de 11 à 18 heures, le samedi de 13 à 18 heures



Pierre Kroll propose un travail qui tranche avec la morosité de ces temps austères, dans un pays qui commence à comprendre que la Culture bien pensée est un outil puissant – une arme comme le savent depuis longtemps les pays anglo-saxons. Est-ce si étonnant, car rompu à l'exigence des média, alignant depuis de longues années des chiffres de vente impressionnants, présent sur tous les fronts, reconnu par ses pairs, par la presse étrangère, grand voyageur, notre auteur pratique à la perfection les voies d'une renommée qui ne doit rien au hasard ?

La scénographie de cette exposition évoque la couverture et les pages de garde du petit livre Le Roi et son bouffon. Les salles s'y transforment en décors imaginaires du palais privé du roi (n'y manquent pas les WC jouxtant la salle du trône), mais avec des papiers peints roses à pois tels qu'on les imagine dans les salons des maisonnettes de Wallonie. L'ambiguité est totale, ainsi les meubles peints à même les murs comme en trompe-l'oeil, ou les faux cadres, dorés, dessinés, qui encadrent les "oeuvres". L'artifice devient un gros clin d'oeil, ludique et ultra professionnel, profond et grave sous des dehors gais et souriants comme pouvaient l'être les pochades d'Eugène Labiche ou les farces de Molière.

Quant aux contenus, l'exposition tourne autour du thème du roi, dépositaire du pouvoir suprême. Le petit peuple (au singulier), nous (au pluriel), est fasciné quand il devient voyeur et s'introduit dans les petits secrets des puissants, la preuve par les magasines spécialisés et les émissions de télévision dont c'est le seul propos. On imagine le pouvoir d'Albert II, le plus puissant parmi les puissants du royaume, au point que pendant bien longtemps – et Pierre Kroll le premier – on a cru qu'il était interdit de lui faire subir les outrages de la caricature. Dès le début, dès le premier dessin, l'intuition du dessinateur a imaginé notre bon roi comme le plus commun des manants. Toute la drôlerie de ces dessins gît dans cette ambiguité entre la somme de tous les pouvoirs, et l'absence de pouvoir. Le haut et le bas. La décision et la soumission, le sommet raffiné et les bas-fonds de l'Etat. Sans vouloir être insolent, on dirait le sort de cet Albert II peu enviable, et même vaguement paumé. L'art de Pierre Kroll consiste à retourner les choses comme un gant. Le roi qui décide de tout (en principe) ne serait pourtant qu'un mélange de Tatayet et Caliméro. Notre Guide suprême serait-il un de ces gueux peints par Bruegel dans La parabole des aveugles ? Car il s'agit bien d'une parabole, celui qui règne sur le destin des autres étant incapable d'assumer le sien…

Il vaut la peine de s'attarder un moment au reportage vidéo tourné dans l'atelier pour cette simple réplique, lorsque lui est posée la sempiternelle question de savoir d'où lui viennent les idées : "Elles ne viennent pas. Je vais les chercher", répond Pierre Kroll du tac au tac. L'auteur montre ce qu'est la pratique du dessin de presse au quotidien, un travail volontariste de chaque instant du jour, voire de la nuit. Les trouvailles enchaînent les trouvailles, les idées s'appellent, se rejettent, s'oublient, se transforment et, à la longue, cette matière première devient un immense trésor dans lequel le dessinateur puisera, s'il échet. Mais, qui est prêt à se soumettre à la rigueur de cette discipline ? C'est un des paradoxes du dessin de presse, seule l'expérience accumulée à la manière d'un moine bénédictin permet la brillance de l'instant. A l'instar des sportifs de haut niveau ou des rois de la danse, la réussite est avant tout une question d'entraînement et d'opiniâtreté, loin des sunlights des médias.

Cette analyse serait rhétorique si Pierre Kroll n'avait l'intelligence de visualiser ces intuitions par le dessin. On dit trop peu les qualités graphiques de Kroll, ses vertus communicationnelles, son efficacité visuelle, sa capacité à incarner une situation complexe en éléments simples immédiatement reconnaissables. Des clichés, peut-être, mais dont le moindre détail sonne juste. Jadis, une publicité célèbre disait "la semaine prochaine j'enlève le haut", et la semaine suivante "j'enlève le bas". Avec Kroll, cette attente n'a plus lieu car Albert II se présente en hybride instantané, le haut montre les signes de sa majesté, la couronne, la jaquette, les médailles, etc., tandis que dans le même temps que le bas montre un caleçon à pois, des jambes nues, des sandales aspirant aux vacances. Le contraste fait image, comme ces images de Magritte où la queue de poisson se termine en cigare (du Pharaon). La force de Pierre Kroll réside en son regard kaléidoscope où le plus petit changement de point de vue reconfigure l'ensemble de manière surprenante.

Au gré de ces souriantes saynètes, on découvre alors de grands formats sur fond de plexiglas. Depuis ses lointaines origines, le dessin de presse était imprimé sur du papier journal, mais depuis peu nos smartphones et autres tablettes proposent des lectures via l'écran. Comment faire cohabiter le vieux papier opaque, qui se chiffonne, et le lisse plastique de nos machines contemporaines ? Pierre Kroll réunit ces vieilles et nouvelles technologies dans des "tableaux" qui trouvent leur place dans le plus design des intérieurs. Le médium étant le message, la tradition du petit format dans le journal induisait que le dessin de presse se considérait lui aussi sur le mode mineur. En osant s'afficher en grand, sur le terrain du tirage numérique, les dessins de Pierre Kroll acquièrent davantage d'aura, à la croisée de l'art et des médias.

En s'attribuant le titre de bouffon du roi avec les moyens des technologies contemporaines autant qu'avec l'attirail du théâtre à l'ancienne, Pierre Kroll donne au dessin de presse ses lettres de noblesse, et montre que l'art le plus éphémère, lorsqu'il atteint ce niveau, peut toucher au chef d'oeuvre.

vincent.baudoux@hpnv.net



  


Jeudi 18 Avril 2013
Quelques infos...

La photo: exposition "Duel-Duo" sur le couple franco-allemand en caricatures au musée Tomi Ungerer à Strasbourg.
Un très intéressant "Webdocu" , c'est un nouveau média qui vous permet de vous promener un oeu seul dans la matière qui est aussi celle d'un film "Fini de Rire" d'Olivier Malvoisin qui sera diffusé à la RTBF le 24 avril et sur ARTE le 7 mai. Le film fait un état des lieux de la liberté d'expression à travers le témoignage des dessinateurs de presse de pays très divers. On y voit et entend les américains AnnTelnaes et Danziger, les Israéliens Kichka et Katz, le palestinien Khalil, l'iranien exilé Kianoush, l'allemand Hashfeld, Willis from Tunis, Aurel, Plantu, tous des amis ... et moi-même. C'est ici : http://webdocus.lesoir.be/fini-de-rire et sur Facebook aussi https://www.facebook.com/FiniDeRireLeFilm. Le trailer du film: http://www.youtube.com/watch?v=qbJwNep1xKE

  


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